Troubles alimentaires (2/2) – ma guérison

Pendant quatre années, j’ai souffert d’hyperphagie et d’orthorexie, deux troubles alimentaires. Depuis quelques mois, j’ai choisi de vivre différemment, de changer des habitudes, de me changer de l’intérieure. Mon travail sur ma personne m’a permis de diminuer ces crises et c’est aujourd’hui que je trouve assez de recul, pour parler des choses qui m’ont aidé à entamer cette guérison.
Le chemin n’est pas terminé pour parvenir à un rétablissement total, et il faut s’armer de courage et de motivation lorsque ces crises refont surface. 
J’espère que cet article t’aidera à voir plus clair sur ces crises et peut être à te guérir toi aussi. Belle lecture.

Accepter la situation & travailler sur soi

Après avoir essayé des tas de méthodes pour me libérer de ces troubles, j’ai compris que le problème était plus profond et qu’il fallait que j’entame un travail sur moi. Et surtout, que j’accepte ces crises. 
Les crises sont comme un masque : elles couvrent des blessures intérieures. J’ai eu la chance de faire la rencontre d’amis bienveillants qui m’ont aidé à creuser à l’intérieur, pour trouver ce qui pouvait bien déclencher ces crises. 

Peu à peu, j’ai réussi à en parler : à ma famille, à mes amis, à des gens que je rencontrais. Tout le monde a été compréhensifs et à mon plus grand étonnement, j’ai même partagé avec des filles qui avaient eu les mêmes problèmes que moi. Ca m’a fait du bien de comprendre que je n’étais pas seule dans cette situation et que j’assumais enfin ce qu’il se passait. 

Le fait d’en parler n’est pas simple, mais libérateur : je me suis délivrée de choses qui étaient enfouies et ça m’a permis d’aller de l’avant. J’ai donc commencé le processus d’acceptation. Une fois la situation acceptée, j’ai réussi à la modifier. 

"Self love matters"

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Pendant des années, j’ai eu une mauvaise image de moi. Je n’aimais ni mon corps, ni mon visage et je voulais constamment les modifier. Tous les matins, je me pesais, comme si mon poids reflétait ma vraie valeur. Je voulais à tout prix ressembler à des mannequins sur Instagram, sans m’occuper de ce que mon corps avait réellement besoin. J’étais en conflit permanent avec mon poids et mon corps. Je ne m’aimais pas. 

Aujourd’hui j’apprends à m’accepter telle que je suis, au naturel. J’ai arrêté de me comparer aux autres ou de vouloir ressembler à d’autre filles. Chaque jour, je me détache un peu plus du regard des autres. J’ai également compris qu’être « beau » à l’intérieur est plus important. Le bonheur que j’avais d’être très mince et musclée est minime par rapport au bonheur que j’ai d’être moi-même et de nourrir correctement mon corps. Et quand j’ai compris et expérimenté ça, tout a changé. 

Se concentrer sur sa beauté intérieure ne veut pas dire négliger son apparence physique. Bien au contraire. Cependant, c’est se focaliser sur l’essentiel, sur nos vraies valeurs, sur notre bonheur. C’est faire rayonner cette beauté intérieure au travers de son corps.

Réequilibrage alimentaire / Stop aux régimes

Pendant des années, j’ai essayé de suivre des régimes privatifs : on est tous et toutes différents et c’est pourquoi les régimes ne peuvent pas nous convenir. Aujourd’hui je mange comme j’ai envie et surtout j’arrête de me priver de nourriture, car mon corps en a besoin. C’est simple : lorsque j’ai faim, je mange. Je me nourrie de façon saine mais avec beaucoup de plaisir. Je ne m’en veux pas de manger des gâteaux, des pancakes, des brownies… parce que parfois, mon corps en a envie et je l’accepte pleinement. Je me sens tellement mieux comme ça, en lâchant prise et en ne me sentant plus coupable. 

J’ai intégré des choses sucrées et nourrissantes dans mon alimentation, car il vaut mieux en manger un peu de temps en temps, que beaucoup en une fois, sous forme de crise ou de pulsion. Ainsi, je me nourrie environ 80 % du temps de façon saine et 20% du temps, je m’accorde des extras. 

J’ai adopté une alimentation végétarienne, qui me fait plus beaucoup plus de bien : j’ai plus d’énergie et je me sens mieux. 

Trouver sa passion

Mes crises sont souvent apparus quand je ne me sentais pas en accord avec moi-même et ma vie.
J’ai été privé de l’océan, de la nature et du surf quand j’étudiais à Paris.
Très loin d’être une surfeuse pro, j’ai goûté au bonheur de ce sport et, surtout au bonheur d’être dans l’Océan. Depuis, cet environnement est vraiment devenu une passion. En déménagent sur la côte et en me rapprochant des choses que j’aime faire, je me suis réconciliée avec la vie. 
Les voyages sont également une de mes grandes passions. Quand j’ai pris la décision de voyager seule et en autonomie, mes crises se sont réduites considérablement, car je me sentais en accord avec ma vie. 

Trouver sa passion, quelle qu’elle soit, est un réel moyen de guérir.

C’est ce qu’il s’est passé pour la douce Mathilde. Tombée dans la spirale infernale de la boulimie suite à des expériences de mannequinat, elle a peu à peu repris le contrôle de ces crises. C’est grâce à plusieurs de ses passions qu’elle est aujourd’hui sur le chemin de la guérison. 

Je te propose de lire ces mots, de lire un bout de son histoire, remplie de courage et de rayons de soleil.

« Je me sentais normale, moi même et tout allait très bien. D’ailleurs, j’ai toujours entendu depuis mes plus tendres années que j’étais un petit soleil : bonheur et lumière étaient mes mots d’ordre. Puis un jour mon ciel s’est assombri, et je suis restée éteinte sous la pluie durant quelques années.

Je venais d’avoir mon bac, je commençais mes études de graphisme, j’avais besoin d’air et de nouveauté après le lycée, c’était comme un nouveau départ pour moi. J’étais enchantée !
J’ai rencontré de nouvelles personnes, commencé de nouveaux projets, mes études me plaisaient énormément, je me sentais épanouie. 

Puis un jour, le premier nuage est arrivé.
Ce nuage regroupait toutes ces voix qui me disaient, «Mathilde tu es grande, tu as de beaux cheveux, pourquoi pas le mannequinat ? »
Ce nuage flattait mon ego et m’apportait de la fraîcheur, une revalorisation de moi-même.
Alors je l’ai suivi et je suis allée me présenter dans une agence de mannequinat.

Une fois mes photos envoyées, je saute de joie quand j’apprends que j’ai réussi à décrocher un rendez-vous.

Je pousse la porte, je rencontre cette jeune fille qui me photographie avec joie, prends mes mensurations, puis me dit de m’asseoir un instant avec un ton beaucoup plus sérieux.
Accompagné d’un vent d’été, un deuxième nuage arrivait au loin : 
« Écoute Mathilde, on aime vraiment beaucoup ton profil, tu es très photogénique ! On adore ! Mais il y a un soucis, tu fais un tour de hanche de 99 cm… »
La moyenne avoisinant les 92, en effet je n’y étais pas vraiment. Elle m’a alors proposé de mettre ma candidature de côté, d’attendre et de signer le contrat quand j’aurais perdu mes cm en trop.
J’étais jeune, je n’y voyais que des étoiles, en réalité elles commençaient à disparaître une à une. Elle m’a donné des conseils, « arrête les féculents tu n’es pas sportive professionnelle, tu n’en as pas besoin », « le soir juste une soupe », « le matin comme un roi, midi comme un prince, le soir comme un pauvre ».
J’ai fait tout ce qu’elle me disait à la lettre.
Puis je me suis engouffrée dans cette tornade que je venais de créer.

« Ma puce tu ne manges que ça ? », oui seulement ça. Seulement ça parce que je me suis forcée pendant deux mois à n’avaler que 500 calories par jour. Pour vous donner un ordre d’idée 60 kcal c’est une pomme.
Puis 30 à 40 minutes de course par jour, de la corde à sauter, des abdos…
Les kilos se sont envolés, mes centimètres aussi.
J’étais fière, heureuse d’avoir atteint mon objectif ! Mais comme je n’étais pas en surpoids, mes os eux, sont devenus apparents. J’étais devenue maigre.

Nouveaux résultats = nouveau rendez-vous !
On me demande de venir cette fois avec mon maillot de bain, «pour voir si tu pourrais participer à la nouvelle collection lingerie de – marque -.».
J’arrive, je me déshabille, mets mon maillot et me présente. Cette fois dans la pièce il y a la jeune fille de la dernière fois, et puis cette vieille dame en fauteuil roulant que je ne connais pas. Qui en réalité est la directrice de l’agence. Elle s’avance vers moi, puis sans même me regarder ou me dire bonjour, me pointe du doigt, « Là ça ne va pas, là ça ne va pas, là ça ne va pas.» tel un objet ou un morceau de viande, puis on me dit sèchement d’aller me rhabiller.

Je me suis rhabillée et je n’ai jamais oublié ce jour, ce jour qui a brisé mon estime de moi-même, et qui a éteint ma lumière.

La boulimie.
Ce mot qui fait trembler, ce trouble qui nous attrape en plein vol.
J’ai redécouvert la nourriture mais pas comme il le fallait. Je mangeais tellement plus qu’avant, mais cette nourriture soignait ma plaie ouverte, tout du moins j’en avais l’impression…
J’ai commencé par abandonner cette nourriture dans le fond des toilettes, en pleurant toute les larmes de mon corps à chaque fois. Puis après une opération d’une hernie hiatale qui se logeait en moi depuis toujours, je n’y parvenais plus.
C’est à partir de ce jour que j’ai triplé ma dose de sport. Voilà comment j’éliminais tout ce que j’ingurgitais, ce qui en soi, n’était que des choses saines et bonnes pour le corps. Mais en quantité démesurée.

Je partais courir avec un ventre rond comme celui d’une femme enceinte et pleurais de douleur, je comptais le nombre exact de calories que je devais brûler, quite à me rendre malade. Le miroir dans tout ça et devenu mon pire ennemi.

Les mois passaient ……. et je continuais à suffoquer.

& puis.. il y a eu le sport, la nature, la lecture, mes trois grands mantras, ceux qui m’ont aidé à retrouver ma lumière, ma gaieté, mon bonheur au quotidien.

La lecture m’apprend et me raisonne.
La nature m’apaise et me recharge.
Le sport me fournit l’équilibre et la plénitude.
Le tout m’ouvre l’esprit et me guérit.

Mes livres de chevets étaient principalement des livres de développement personnel, Laurent Gounelle, Matthieu Ricard, Christophe André, les 4 accords… Tout ces livres m’ont appris à me recentrer sur le plus important, sur les bonnes choses de la vie, sur le bonheur, la pensée positive.

La nature, elle qui m’a toujours bercé, parvenait rapidement à m’apaiser. L’océan le premier, sûrement un de mes plus grands soutiens.

Un jour j’ai dit à une amie :
« Les vagues de l’océan sont uniques, aucune vague ne sera identique à une autre. Essaie de percevoir un problème actuel, un souci, une peine, une douleur comme une vague. Une vague est éphémère et finit par se perdre et mourir sur le sable. Essaie de te défaire de tes souffrances, laisse les mourir sur le sable, calme ton océan intérieur. Laisse le soleil briller sur la surface de l’eau. »

Et puis je me suis rendue compte que c’était valable pour moi aussi enfin de compte.

Le sport, lui qui m’a trahi, lui avec qui je me suis réconciliée. J’ai continué et je continue à en faire, en grande quantité certes, mais en pleine conscience et raisonnablement. Dans l’effort je parviens à m’aérer l’esprit, à me détendre et à retrouver l’équilibre que j’ai perdu.

Les nuages ont disparu, le soleil est revenu, mais une légère brume s’installe de temps à autre sur la surface de mon océan. Cette brume c’est le manque de confiance en moi, les moments de solitude et cette tendance à contrôler tout ce que j’avale.

En effet, dans les moments de contrariété et lorsque je suis seule, la nourriture m’appelle pour me prendre dans ses bras. C’est alors que je dois trouver un moyen de décliner son invitation…. si tentante. Partir marcher dans le quartier, écrire, dessiner, appeler mon copain ou ma famille, méditer.

Mais peu à peu, ces brumes s’espacent de plus en plus, à tel point que je commence à les oublier.

Pour finir, si j’ai écris mon témoignage, c’est parce que j’ai eu la chance d’en parler avec cette jolie et tendre fille qu’est Anaïs. Reconnaître et parler de son problème est, pour moi, le début de la guérison. Ne plus se sentir seule, mais plutôt soutenue et comprise.

Prenez soin de votre soleil intérieur, prenez soin de votre corps, cette merveille de la nature. »

Clique en dessous pour retrouver ce petit soleil sur Instagram

Créer une routine saine pour générer un cercle vertueux

Méditation, Yoga , Sport

Se recentrer, prendre conscience de son corps, se rendre compte à quel il est fort et fragile à la fois. Avant de découvrir la méditation et le yoga, je n’avais pas conscience du mal que je faisais à mon corps au travers de mes crises. Aujourd’hui, j’ai conscience que c’est ce corps qui me fait vivre, c’est avec lui que je réalise mes rêves et c’est lui qui me soutient tous les jours. Alors j’ai décidé d’intégrer ces deux pratiques quotidiennement, pour écouter les besoins de mon corps et lui faire du bien. 
Bouger mon corps et le pousser dans un effort physique m’aide aussi à prendre conscience de toute cette force que j’ai à l’intérieure de moi. C’est pourquoi j’essaye de faire souvent du sport. Et qu’importe le sport : tant qu’il me fait du bien 🙂

Commencer une routine vertueuse, c’est choisir comment rythmer différemment sa vie. Il faut environ 3 semaines pour qu’une routine devienne une habitude. S’accrocher et ne pas renoncer les premiers jours, te permettront de réellement changer ta vie et de changer des comportements qui ne te correspondent pas. 

Lecture et écriture

Ces deux activités ont joué un rôle très important dans mes crises alimentaires. Elles m’ont permis de calmer mon esprit et de me reconnecter à ma vraie nature. 
La lecture m’a apporté énormément de connaissance et de bienveillance sur la vie.
J’ai fait une petite liste des livres qui m’ont le plus plu et apporté  :
La puissance de l’acceptation et Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau
Les quatre accords toltèques de Miguel Ruiz
L’Homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle
Kilomètre Zéro de Maud Ankaoua
Awaken The Giant Within de Tony Robbins

L’écriture m’a permis de mettre des mots sur mes crises, sur mes états d’âme. J’ai pu mettre sur un papier tout ce qui me tourmentait, tout ce qui tournait en boucle dans ma tête. Et c’est ainsi que j’ai eu mes réponses sur le pourquoi de ces crises. 

just be GRATEFUL

Exprimer de la gratitude au quotidien, se remplir de phrases positives et vivre le moment présent m’ont permis d’aller mieux. Alors, sois reconnaissant pour les choses que tu as, pour tous ces gens incroyables qui t’entourent. Sois reconnaissant pour cette vie, qui est si belle quand on décide de la regarder ainsi.

« Chaque instant que tu perds à être malheureuse ne te sera jamais rendu. Tu sais où commence ta vie mais pas quand elle s’arrête. Une seconde vécu est un cadeau que nous ne devons pas gâcher. Le bonheur se vit maintenant. Si tu penses qu’être ici est une obligation, tu vas vivre des moments difficiles. Tu as le choix de saisir l’opportunité qui t’es offerte, d’expérimenter cette vie, ce voyage autrement en arrêtant de comparer ce que tu es, ce que tu sais, ta culture, ton niveau de vie, ton confort. Si tu acceptes d’observer sans juger avec un regard neuf en oubliant tout ce que tu as vécu ou vu alors malgré toutes ces différences tu découvriras un monde nouveau dans lequel tu pourras prendre un plaisir supérieur à celui que tu connais aujourd’hui ».