Trouble alimentaire (1/2) – mon expérience

Influencée par les réseaux sociaux, les médias et la publicité, j’ai longtemps cru au mythe du corps parfait. Ce qui m’a conduit à une relation malsaine avec mon corps et à des troubles alimentaires. 

 Je suis passée par différents troubles, dont l’orthorexie et l’hyperphagie alimentaire.
Ces comportements m’ont hanté pendant plus de trois interminables années et c’est aujourd’hui avec plus de recul et d’acceptation que je peux en parler.

Le but de cet article n’est pas de me prendre en victime. NO DRAMA !
L’objectif est de te partager mon histoire, de comprendre les raisons de ces crises et d’en tirer un message positif, pour faire évoluer les mentalités et la société. 

Aujourd’hui je suis convaincue que notre écologie intérieure est primordiale, qu’elle passe par le fait de s’accepter et de s’aimer tel que l’on est et surtout par le plaisir. Il n’y a pas de poids idéal, pas de taille idéale, alors si tu as envie de manger un fondant au chocolat, fais toi plaisir. Fous la paix à ton corps une bonne fois pour toute, écoute toi, apprécie la nourriture, choisi celle qui te fait du bien et profite d’avoir la chance de manger. 

La vie est trop courte pour ne pas apprécier un BON FONDANT AU CHOCOLAT 🙂 

Si tu es victime de ces troubles alimentaires, j’espère que cet article éclairera ta journée et et fera comprendre, que non, tu n’es pas seul et que oui, tu peux en sortir.

Mes troubles alimentaires

Quand on pense aux troubles alimentaires, on pense majoritairement à l’anorexie et la boulimie. Cependant, d’autres rapports pathologiques à la nourriture existent.
Personnellement je suis passée par deux phases : je présentais un trouble obsessionnelle pour mon alimentation, mon poids et mon apparence physique (orthorexie).
Je me restreignais beaucoup, ce qui donnait lieux à des crises ou des pulsions alimentaires, associées à des comportements compensatoires inappropriés (hyperphagie). 

Mon expérience

Petite, je n’ai jamais eu de problème ou de complexes avec mon corps. J’étais très fine, alors que je mangeais tout le temps. Mais c’est en grandissant, que mon rapport au corps et à la nourriture ont complètement changé. J’ai développé deux troubles du comportement alimentaire (TCA), sans même le savoir.

Au lycée, il y a trois ans, j’ai commencé ce que l’on appelle l’orthorexie : une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. C‘est ajouter à cela, l’obsession d’être fine, influencée par les réseaux sociaux où je voyais des filles minces, musclées et grandes, bronzées toute l’année et qui souriaient sur chacune de leur photo. Je me suis dit que pour être heureuse et plaire aux autres, je devais être pareil, physiquement. Le monde parfait de ces réseaux a accentué la naissance de mes complexes : nez trop gros, cuisses pas assez fines, trop de cellulite, pas assez d’abdos. Je passais mon temps à me dire que pour être acceptée dans la société et réussir ma vie, je devais faire un 34, avoir un écart entre mes cuisses et ne pas avoir de bourrelet en m’asseyant, comme les mannequins sur Instagram.
Je ne porte aucun jugements sur les personnes minces et fines 
: on a tous et toutes une morphologie différente, un poids stable et sain pour nous. Par contre, avec mes 46kg, je n’étais pas dans mon poids normal : j’étais en sous-poids. 
Au même moment, je me suis intéressée à l’impact de l’alimentation sur l’environnement et la santé mentale et physique. J’ai alors développé une phobie alimentaire, qui m’a poussé à arrêter la junk food, la viande, le sucre industriel, le gras et le gluten. Je ne mangeais pratiquement que des légumes et des fruits et je comptais absolument chaque calories. Je me suis retrouvée donc très vite en sous poids et sans énergie. 

C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à faire des crises d’hyperphagie : je privais tellement mon corps, qu’il m’arrivait une fois par mois de manger une énorme quantité de nourriture.
Puis, l’année dernière, pour mes études, j’ai déménagé à Versailles. J’ai fait des crises au moins trois fois par semaine.
Il 
m’arrivait d’ingurgiter des pots de beurre de cacahuètes, puis du chocolat, puis des fruits, plusieurs repas et même des choses congelés. Le fait de nourrir son corps perd tout son sens, c’est pour ça que je préfère le terme “ingurgiter”. 

Je me souviens d’une crise qui m’a particulièrement marqué : j’étais en colocation à Versailles et en pleine crise d’hyperphagie, après mon repas, je me suis retrouvée à manger un pot de Nutella entier. Ce Nutella, c’était celui d’une de mes colocataires. Je vous laisse imaginer le sentiment de honte qui m’a ravagé. Il a fallut que j’aille très vite en racheter un autre pour qu’elle ne se doute de rien. J’avais un mal de ventre affreux, j’étais rouge de honte au supermarché et, en pleurant au téléphone, j’essayais d’expliquer à ma mère ce qu’il s’était passé.

Ces crises sont appelées frénésie ou hyperphagie alimentaire. Elles sont récurrentes et se traduisent par le fait de manger de la nourriture en très grande quantité, sur une courte période. Il n’est ici pas question de petit excès de temps en temps, lors d’un repas. Il s’agit de crises à répétitions et d’une perte totale de contrôle alimentaire. Cette pulsion est différente d’une boulimie : la personne souffrant de ce trouble ne vomit pas ou ne fait pas de sport pour compenser.
En revanche, une
 fois la crise passée, je faisais un régime hyper restrictif pour compenser. Ainsi, je ne prenais pas de poids et personne ne pouvait s’en douter. Cependant, c’est cette restriction qui me poussait à refaire une crise. J’avais l’impression d’être plongée dans une spirale infernale.

Qu'est ce qui m'a poussé à ces crises ?

Les troubles alimentaires, quels qu’ils soient, peuvent avoir plusieurs causes. Pour ma part, avec du recul, j’ai compris que trois causes majeurs m’avaient poussé à l’hyperphagie et à l’othorexie.

Premièrement mes ressenties face aux diktats de la société : pression, stress, angoisse, dépression, mauvaise estime de moi, sont autant de facteurs qui m’ont poussé à ces crises. Et mon environnement générait toutes ces choses.
On nous pousse à être les meilleurs dans tous les domaines, à avoir voyagé autour du monde mais aussi étudié dans les plus prestigieuses universités. On nous pousse sans cesse à consommer, comme si elle était là la clé du bonheur. On nous pousse à se faire plaisir en mangeant, mais à ne surtout pas prendre de poids. On a simplement oublié que l’on était des humains, avec nos peurs, nos limitations, nos différences et surtout avec nos envies. 

Deuxièmement, mon cadre et mon mode de vie ont influencé mon hyperphagie. J’avais l’impression de ne pas être au bon endroit, de ne pas me sentir heureuse et vivante, ce qui a renforcé ma dépression et donc mes crises. Je m’ennuyais beaucoup et ne m’épanouissais pas : les crises étaient un moyen de ne pas y penser et de remplir mon vide existentiel. C’était un échappatoire : au lieu de faire face aux problèmes, il était plus simple de me réfugier dans ces crises. 

Troisièmement, les régimes et restrictions strictes ont clairement jouer un rôle majeur dans mes troubles d’orthorexie et d’hyperphagie. J’ai privé mon corps de fonctionner en suivant toutes les diètes et régimes possibles et imaginables. Je voulais être comme ces mannequins sur Instagram et je croyais au mythe du corps parfait. Je pensais qu’en étant mince, je serai plus facilement acceptée et aimée. Les réseaux sociaux et la société ont donc vraiment influencé ma démarche. 

J’ai donc réussi à perdre des kilos, mais surtout des kilos de bonheur.

Quelle est l'impact des troubles alimentaires ?

Les troubles alimentaires se révèlent néfastes pour la santé.
Ils provoquent des douleurs psychologiques, physiques, des problèmes de digestion, de peau, de la fatigue, des troubles du sommeil…(etc) et impactent également notre vie en société.

Douleurs mentales

Ces crises me rongeaient de honte et je n’avais pas le courage d’en parler, que ce soit à mes amis ou à ma famille, par peur d’être incomprise. Je ne me sentais pas normale en agissant ainsi. J’avais l’impression d’être la seule personne au monde qui souffrait de ces crises. Souvent, je ne pouvais pas sortir avec des amis, car j’avais trop mal au ventre. Je me sentais prise dans une spirale infernale et complètement coupable, déprimée et dégoûtée de moi : comme si j’étais un monstre. Mon moral était donc au plus bas et je n’avais plus aucune estime et confiance en moi.

Système hormonal

Le système hormonale est très sensible. Un seul petit stress ou changement alimentaire peut dérégler son fonctionnement. Après mes crises, je ne mangeais pas de la journée, pour compenser l’amont de nourriture. Je n’ai donc jamais pris de poids, mais cet effet yo-yo a eu un impact : pas de règles pendant environ 3 ans. 
Avant de trouver ça “génial” de ne pas avoir ses règles, je vous laisse imaginer quels sentiments me traversaient quand je pensais être en mauvaise santé, pas “normale” et pas cabale d’avoir un jour un enfant. 

Douleurs physiques

Lors de ces crises, je remplissais mon estomac jusque ressentir des douleurs. Après quelques minutes, le bas de mon ventre était complètement crispé. J’avais énormément mal. Et, allez dormir avec des mots de ventre terribles, le coeur qui bat la chamade et la tête qui vous brûle : c’est pas le pied !
Le lendemain, je me sentais vraiment fatiguée, sans énergie. J’avais mal dans tous mes muscles et je les sentais très lourds. Mes maux de ventre grandissaient pendant la journée.

Et maintenant ?

En écrivant ces lignes, je me suis souvenue à quel point ces phases ont été difficiles pour moi. Je ne me considère pas encore comme guérie, mais le fait d’accepter la situation et de mettre ces lignes à la lumière du jour m’aide beaucoup.

Après trois mois sans crises, j’ai décidé, il y a une semaine, d’écrire cette article, pour pouvoir aider celles et ceux qui souffrent de ces crises. Et pourtant, un jour après, j’ai refait une crise d’hyperphagie 🙂

Cependant, j’apprends de mes erreurs et je comprends que je mets beaucoup trop de stress et de pression sur mon corps et que je continue à le restreindre. A la minute où j’ai compris cela et où j’ai décidé de lâcher-prise une bonne fois pour toute, j’ai enfin eu mes règles, après 3 ans. 

Les crises cachent un problème plus profond et j’ai décidé d’adopter des routines qui me permettent d’aller mieux et d’aller chercher plus loin que ces crises. Je t’en parlerai dans le prochain article. 

Je le répète : il n’y a pas de poids idéal, pas de taille idéale, alors si tu as envie de manger un fondant au chocolat, fais toi plaisir. Fous la paix à ton corps une bonne fois pour toute, écoute toi, apprécie la nourriture, choisi celle qui te fait du bien et profite d’avoir la chance de manger. 

La vie est trop courte pour ne pas apprécier un BON FONDANT AU CHOCOLAT 🙂 

 

4 commentaires sur “Trouble alimentaire (1/2) – mon expérience”

  1. Très bel article, fort et touchant, je pense que cela peut parler à beaucoup de personnes et surtout des jeunes filles, bravo pour ton courage, continu comme ça tu n’en ressortira que plus forte

    1. Merci beaucoup pour tes mots Lysa et pour cette bonne dose de motivation et de force que tu me donnes 🙂
      J’éspère, comme tu le dis, que ça inspirera les filles à stopper la comparaison via les réseaux sociaux et à s’aimer et s’accepter telles quelles sont.

  2. Hello Lisa,

    Je te remercie pour cet article, qui reflète parfaitement la réalité, il me fait beaucoup de bien.
    J’ai moi même été victime des mêmes troubles que toi pendant 4 ans, et le feu n’est pas encore totalement éteint. C’est si dur… dur d’en parler, de le reconnaître et de l’accepter. Mais une fois que cela est fait, c’est déjà plus facile de l’appréhender et de passer au dessus.
    Le sport m’a aidé, vraiment beaucoup aidé, à tel point que je me rends à la salle 5 fois par semaine.
    C’est devenu une vraie drogue, et je reconnais que je suis encore trop sévère avec mon corps. J’ai aussi appris à manger mieux et différemment grâce à ça !
    Et je reste convaincue que les réseaux sociaux ne nous aideront jamais pour combattre nos soucis, même si cela nous permet aussi de partager comme ici !

    Bon courage à toi, tu es sur la bonne voie, et surtout prends soin de ton corps. ☀️
    À bientôt,
    Mathilde 🌿

    1. Hello ma douce

      Je te remercie du fond du coeur pour ton message. Heureuse que cet article a pu te parler et te faire du bien. C’est important de se rendre compte que l’on est pas seul dans cette situation. Je suis totalement d’accord avec toi et je pense vraiment que l’acceptation de la situation permet d’avancer.
      C’est intéressant cette sorte de compensation et de guérison par le sport, je vais surement m’y mettre aussi 🙂
      Oui, il ne faut pas non plus que ça devienne un extrême !
      En effet, je ne pense pas non plus que les réseaux sociaux sont un moyen de nous aider. A moins de l’utiliser pour partager nos histoires et nos guérisons, de la façon la plus vraie et saine possible.

      Merci pour tout cette sincérité et cette force que tes mots me procurent. Je te souhaite également de prendre soin de ta maison intérieure et à très vite dans la vraie vie pour pouvoir échanger
      Des bisous 🙂

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