Dear Body

Aujourd’hui, Dear Body, on souffle nos diz neuf ans de vie commune.
En cette occasion, je voulais te partager ces quelques mots sincères.

Je suis désolée pour tout ces hauts et ces bas.
Désolée d’avoir rendu notre relation compliquée,
de t’avoir rabaissé un tas de fois,
et pour ce temps où je n’ai pas pris soin de toi. 
Je te demande pardon,
de t’avoir donné parfois trop,
et parfois pas assez de nourriture. 
Pour être sincère, je t’ai souvent détesté,
car tu n’étais pas comme les mannequins que je voyais sur Instagram.
Je ne voyais qu’une solution :
te priver de tes plaisirs alimentaires,
car la gourmandise n’allait pas de pair avec mes fantasmes.
La vie parisienne, le mannequinat et les réseaux sociaux me faisaient stresser,
un milieu où la pression physique est extrêmement forte.
Je n’avais pas assez confiance en moi pour prendre ces choses sereinement.
Ce stress, je le mettais sur toi,
pour être acceptée par les autres,
pour répondre aux codes et critères de la société,
et pour réussir dans la vie.
Car oui, je pensais que réussir, ça passait par le physique.
Et ton apparence ne me plaisait pas.
Ton nez était trop gros à mon goût, 
tes seins trop petits également 
et tes cuisses trop grosses. 
Alors en te privant, 
j’ai réussi à te faire perdre des kilos.
Et surtout, à te faire perdre du bonheur.
J’ai très vite été prise de crises alimentaires.
Je te demande pardon de t’avoir donné autant de nourriture lors de ces crises.
Désolée pour tous ces régimes et ces restrictions ridicules,
comme pour essayer de compenser.
Je ne savais plus où j’en étais dans ma vie.
J’avais l’impression d’être seule, triste, malheureuse.
A la place de me confronter à la réalité,
je préférai penser à autre chose,
et manger, comme pour oublier.
J’ai sûrement fait les plus grosses erreurs en te traitant ainsi.

Ces derniers mois, j’ai pris conscience que mon corps est ma seule maison, 
une sorte de deuxième cerveau qui contrôle mon mental.
Au même moment, j’ai pris la décision d’écouter ma petite voix intérieure, 
qui avait besoin d’aventures, de nouvelles expériences, de suivre mes rêves.
Elle m’a guidé vers l’océan et vers une vie plus paisible, 
pour que je m’occupe de mes projets
et surtout pour que je m’occupe de toi.

Aujourd’hui, dear Body, je veux devenir ton ami ; ton meilleur ami.
Je veux que l’on se fasse confiance, te donner tout l’amour et la paix dont tu as besoin.
Mon souhait est de guérir de ces crises alimentaires.
Je veux te donner de la nourriture saine, locale et fraîche,
que tu puisses bénéficier d’une alimentation,
qui fait du bien à Mama Earth et à toi.
Mais plus que tout, je veux arrêter de te priver.
Car si tu as besoin et envie d’un aliment, 
je te promet de t’écouter.
Parce qu’une alimentation saine,
c’est trouver un équilibre.
Je te promets de prendre soin de toi et de t’accepter comme tu es, 
quelque soit les changements.

Partager ces mots de réconciliation avec mon corps représente beaucoup pour moi.
Parce que je sais que je ne suis pas la seule à souffrir de troubles alimentaires,
je souhaite passer un message de douceur.
A toi, qui lit ces mots : tout ira bien, à partir du moment où tu t’écouteras réellement.
Je te souhaite de prendre soin de ta maison intérieure,
pour te sentir heureux, te sentir bien.
Je te souhaite de prendre conscience de ce que tu mets dans ton ventre, 
car “tu es ce que tu manges”.
Et je souhaite à toutes les femmes de ce monde d’être elles-même,
d’arrêter de se comparer,
et de réaliser à quel point elles sont belles,
quelques soit leur taille et leur apparence. 
La vie est trop courte pour culpabiliser de ce que l’on mange, 
alors apprécions et profitons des choses que l’on aime.
Nous sommes toutes uniques et c’est ça qui fait de nous notre beauté. 
Alors donnons de l’amour et de la paix, 
à nos vergetures, notre cellulite,
nos petites ou grosses fesses, 
nos grains de beauté et nos tâches de rousseurs.
A chaque chose qui nous rend unique.
Acceptons-nous et aimons nous telle que nous sommes,
tout en prenant soin de nous. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *